Couverture de Les Chemins de l’Espoir

Roman humaniste · Extrait offert

Les Chemins de l’Espoir

Alain Boulot

À Damas, une famille tente de préserver ses rêves lorsque la paix fragile commence à se fissurer.

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Prologue

Le dernier soir de paix

Le soleil couchant de Damas illumine les façades de pierre du quartier Al-Mazraa. Les rues bruissent encore des conversations de marchands repliant leurs étals, tandis que des enfants jouent au ballon sous le regard bienveillant de leurs parents. Ce quartier, véritable havre de paix, est le reflet d'une Damas prospère, où traditions et modernité cohabitent harmonieusement. Les parfums mêlés d’épices, de fruits frais et de jasmin embaument l’air, ajoutant une touche de magie à cette soirée ordinaire. Ahmed Al-Sayed, architecte ambitieux, contemple son bureau baigné de lumière dorée. Chaque plan soigneusement aligné reflète sa passion pour bâtir un avenir solide, tout comme sa vie avec Hana, son épouse. Il ajuste un croquis, imaginant des bâtiments modernes se mêlant à l’héritage architectural de Damas, un rêve qu’il chérit depuis ses années d’études. Dans le salon voisin, Hana, enseignante passionnée, feuillette distraitement un livre sur l’éducation alternative. Ses pensées s’égarent souvent vers le jardin, où les premières étoiles scintillent à travers les branches des arbres, comme des promesses lointaines. Leur maison respire la sérénité, et leurs projets d’avenir semblent immuables. Ce soir-là, ils dînent sous l’oranger de leur cour, une tradition qui symbolise pour eux l'équilibre et l'harmonie familiale. Les fruits mûrs pendent lourdement des branches, et Hana tend la main pour en cueillir un, son rire doux se mêlant au bruissement des feuilles. Ahmed découpe une orange avec soin tout en partageant ses rêves :

— Imagine, Hana : un complexe urbain où chaque famille vivrait avec dignité. Des espaces verts, des bibliothèques, des terrains de jeux. Une véritable oasis pour Damas.

Hana esquisse un sourire, séduite par son enthousiasme contagieux. Pourtant, son esprit reste distrait. La radio, en arrière-plan, diffuse les nouvelles du jour : des manifestations dans le sud du pays, des tensions qui semblent s’étendre. Les mots « conflit » et « désaccord » s’insinuent comme des éclats dissonants dans la quiétude de la soirée. Elle hésite un instant, joue avec les plis de sa robe, et murmure :

— Et si ce n'était pas aussi simple ?

Ahmed pose son couteau, se lève et s’approche. D’un geste rassurant, il pose une main sur son épaule et ancre son regard dans le sien :

— Quoi qu’il arrive, nous avons notre foyer, nos rêves, et nous ferons face ensemble.